Hardecourt-aux-Bois (canton de Combles)

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Baron 
Denys
COCHIN
Augustin
Marie

 

né le 22/12/1876 à Paris 7éme
Elève de l'Ecole des Chartres
Historien
Matricule ./458 - Classe 1896
Recrutement  - capitaine
146éme R.I
tué à l'ennemi le 08/07/1916 à Hardecourt (80)

(calvaire situé à l'entré du village Denys COCHIN fut tué à au pied  du crucifix
Chev Légion d'Honneur - Croix de Guerre avec Palmes

la Baronne Denys  Cochin décide de reconstruire en souvenir de son fils le Crucifix ainsi que l'église du village. Elle fait tranférer le curcifix mutilé dans la chapelle de l'Hôpital Cochin à Paris. Ce crucifix se trouve au dessus de la sépulture de St Augustin-
Le premier hôpital fut fondé en 1870 par Jean Denys Cochin, curé de la paroisse St Jacques du-Haut-Pas. Cet hôpitalétait destiné aux indigents et aux habitants de quartier. Il fut reconstruit au début du XXéme Siècle
Source. Les cahiers du Petit patrimoine
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Croix commémorative COCHIN
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détail de la Croix.... cette Croix es faite à partir de clous de Chevilles de tank et d'obus étamés
Source Crédit photo:
Mr Gérard Martel Le Blog de mes ancêtres
LEPAGE
Roméo
né le 20/06/1896 à Vert St Denis (77),
Matricule 16047/500 - Classe 1916
Recrutement Meulun - Caporal
151éme R.I
tué à l'ennemi le 28/07/1916 à Hardecourt (80)
P1010001.JPG (12964 octets)Monument Commémoratif ( usé par le temps)
BOUCHER
Marcel
né le 13/05/1896 à Paris 10éme
Matricule 15972/1141 - Classe 1916
Recrutement Seine 6éme B - 2éme Classe
151éme R.I
tué à l'ennemi le 28/07/1916 à Hardecourt (80)
MEURISSE
Clovis
César
fusillé le 05/10/1914 par les Allemands
inscrit sur le Monument aux Morts d'Hardecourt
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Plaque commémorative située sur le mur extérieur de l'église

 

Extrait de l'historique du 4éme B.C.P
Offensive de la Somme

Juillet et août. — Le 20 éme corps a l'honneur de commencer. L’offensive de la Somme, à laquelle participent les Anglais.

Le 1er juillet 1916, tout est en place. Une artillerie formidable fait entendre un roulement continu. Les troupes sont à leur poste de combat. L'attaque se déclenche. Les succès sont rapides, le butin important. Le bataillon, qui pendant les premiers jours est en réserve, prend les lignes le 9 juillet. Il occupe Hardecourt et ses abords. Il attaque, le 20 juillet à 5 heures, la tranchée de Koloméa. La conquête de cet objectif demande un effort sérieux. I1 est à 600 mètres de notre ligne, et en raison de la forme du terrain qui le cache aux observateurs terrestres, les tirs de destruction ne donnent que de faibles résultats. Un régiment allemand, le 18 éme saxon, à effectif complet, sortant du repos, défend cette position presque intacte. Arrêtés à 100 mètres du but par une fusillade nourrie, les chasseurs s'accrochent, s'infiltrent, manœuvrent et enlèvent finalement cet objectif à 11 heures en s'emparant de 350 prisonniers ; 5 officiers, 5 mitrailleuses
Au cours de ces six heures de lutte, les chasseurs rivalisent d'initiative. Des sections n'ayant plus de chef, des petits groupes séparés par les hasards du combat, des isolés mêmes continuent la lutte avec un acharnement farouche. La 1ere section de la 2éme compagnie, restée sans chef, fait avec un à-propos et un sang-froid remarquables une conversion difficile, qui lui permet de prendre de flanc l'objectif de la compagnie. A la 5éme  compagnie la lutte est dure. Le caporal MAISONNEUVE et le chasseur GAZIN se battent comme des lions. Une mitrailleuse allemande arrête la progression de la compagnie; MAISONNEUVE et GAZIN sautent dans la tranchée ennemie et à coups de grenades, avec un courage admirable, s'emparent de la mitrailleuse et ramènent à eux seuls 20 prisonniers.
Une deuxième attaque, menée par le bataillon le 18 août, est aussi heureuse que la première. Des pertes très graves sont infligées à l'ennemi : 135 prisonniers, 6 canons sont capturés. Le corps d'armée a atteint son objectif. Relevé, il retourne au repos dans la Somme.

Novembre. — En novembre 1916, il est appelé dans le même secteur. L'offensive se poursuit
Pendant la journée du 16 novembre, une contre-attaque allemande ébranle la ligne tenue par un régiment de zouaves au bois de Saint-Pierre-Waast. I1 ne reste que des éléments épars pour défendre cette partie du front. Le bataillon est appelé en hâte pour rétablir la situation. La relève est difficile, la nuit est noire et l’on manque de guide dans ce terrain fangeux. Néanmoins, malgré des difficultés de toutes sortes, le bataillon remplit sa mission et tient tête pendant six jours à un ennemi toujours renforcé pour arrêter à tout prix l'offensive
Historique du 4éme B.C.P. (Anonyme, Nancy – Paris – Strasbourg, Berger-Levrault) Numérisé par Michel RODRIGUEZ.

Extrait de l'historique du 133éme R.I "le Régiment des Lions" - La Somme Juillet 1916
Venant de Lorraine, le régiment avait débarqué, dans la nuit du 26 au 27 juin, à Breteuil. Il cantonna dans la région, à Esclainvillers et Folleville. Ce n'était plus les frais villages des Vosges, enfouis dans la verdure et où l'eau circule en abondance. Ces localités des plateaux de la Somme, construites en pisé, paraissent pauvres et délabrées. Elles manquent d'eau, si bien que les voitures du bataillon faisaient trois Kilomètres pour en chercher. Pendant la quinzaine passée là, on n'en reprit pas moins l'instruction des unités. Les premiers fusils-mitrailleurs furent distribués, ainsi que les premiers tromblons V. B., qui allaient rendre de grands services dans la bataille.
Entre temps, le 1
er juillet, la grande offensive franco-anglaise sur la Somme avait commencé. Du haut de la vieille tour de Folleville, on embrassait l'arrière de la bataille: on apercevait les trains qui se succédaient méthodiquement dans les deux sens, des divisions de cavalerie qui se rapprochaient; le soir on voyait passer de nombreux avions qui rentraient avec leur phare allumé à l'avant, grosses lucioles dont le bourdonnement égal et vigoureux donnait confiance. A la nuit, le ciel s'illuminait du feu d'artifice des obus et des fusées. Et tous les regards se tendaient vers l'horizon embrasé, fournaise gigantesque où bientôt le régiment entrerait à son tour. Le 19, le 133ème se rendit par étapes à Rumigny. De là, il fut transporté en camions dans la région Bray-sur-Somme. Pendant tout le trajet, nos soldats purent constater quelle activité régnait à l'arrière du front, pendant une action de ce genre. De chaque côté de la grande route d'Amiens à Saint-Quentin, c'étaient des enfilades ininterrompues de voitures, de camions, de fantassins, de cavaliers, se déroulant comme les maillons d'une chaîne sans fin qui serait engrenée par un mouvement de dents invisibles. Il y avait quelque chose de mécanique dans la progression de ces interminables convois ! Au loin, on entendait le roulement puissant et continu de notre artillerie. De son côté, à plusieurs reprises, l'ennemi bombarda nos cantonnements : c'est ainsi que des pièces à longue portée lancèrent quelques obus à Neuville-lès-Bray, au moment où l'on débarquait. Pas d'abri ! Tant pis ! Contre mauvaise fortune on fit bon cœur. Il y eut d' ailleurs peu de victimes. Quel contraste entre ce paysage et celui des Vosges ! On était d'ailleurs dans la zone de bataille : villages à demi ruinés et vides d'habitants, maisons incendiées, routes défoncées. Le bombardement avait transformé la campagne en une terre de morne désolation.
En fin de journée, le 21 juillet, on quitta la région de Bray-sur-Somme. Après avoir croisé des convois d'artillerie, on traversa les ruines de Suzanne. A gauche, s'étendait un vaste camp avec une foule grouillante d'hommes, de chevaux, de voitures, de locomotives. Des saucisses surgissaient à droite et à gauche. De partout, en plein «bled», étaient établies des batteries d'artillerie lourde. Des tranchées, anciennes positions de repli, zébraient le sol de leurs traînées crayeuses. On suivit le bord assez escarpé du plateau que creuse la vallée de la Somme, et, vers le soir, on arriva au moulin de Fargny, au milieu de batteries de 75, qui, de tous côtés, aboyaient rageusement Dans la nuit, le 133ème releva le 11ème bataillon de chasseurs alpins sur les positions atteintes, le 21, en fin de combat, entre la route Curlu-Hem et la route Maricourt-Péronne. Les renseignements sur le front exact étaient des plus vagues. Les chasseurs, qui avaient eu à subir une violente contre-attaque, étaient accrochés à hauteur d'une vaste carrière à gauche du bois de Hem. Ils tenaient, à gauche, les deux lèvres de cette carrière; à droite, ils n'en tenaient que la lèvre ouest; les Allemands occupaient l'autre partie transformée en un ouvrage que le plan directeur a baptisé «Tatoï» du nom du château du roi de Grèce récemment incendié. La relève en pleine nuit, sous des tirs de barrage extrêmement violents, fut très dure. La tête d'une section de la 9ème compagnie fut écrasée par un gros obus. Les deux artilleries continuèrent à tirer jusqu'au matin. Les Boches arrosaient sans trêve les lignes tenues par l'infanterie française, d'où ils savaient que de nombreux assauts allaient partir. Le régiment mit en première ligne, à droite, le 2ème bataillon (commandant Thouzelier); à gauche le 3ème (commandant Boudet, puis capitaine Piébourg). Le 1er bataillon resta en réserve à la tranchée de Gingembre. L'attaque devait, d'après le plan primitif, être reprise au bout de deux jours, mais des remaniements successifs dans l'ordre de bataille, comme l'entrée en ligne du 7ème corps et le glissement à gauche du20ème, obligèrent à la retarde. Cette attente prolongée dans des trous d'obus ou des carrières, sous le bombardement continu de l'artillerie allemande, qui, après la surprise du début de juillet, s'était ressaisie et renforcée, fut très pénible. Les pertes quotidiennes faisaient fondre les effectifs; les communications avec la première ligne étaient très précaires  et constamment prises sous les barrages : aussi le ravitaillement arrivait-il assez mal; la soif surtout, sous le soleil que la craie réverbérait, tenaillait les hommes dont la poussière et la fumée des explosions séchaient la gorge. On souhaitait impatiemment que la reprise de l'attaque eût lieu le plus tôt possible
(Les survivants se rappellent le sinistre boyau de Sauve-qui-peut constamment battu, jalonné de cadavres, qui s'arrêtait d'ailleurs, inachevé, en plein «bled», obligeant à franchir 200 mètres, au pas de course, à découvert).
On acceptait du reste de bon cœur souffrances et privations, car on savait qu'à l'autre aile du front, à Verdun, les camarades enduraient de pires souffrances : ils n'avaient pas, eux, le réconfort de se sentir soutenus par une nombreuse et puissante artillerie, qui dominait celle de l'ennemi; obligés de rester sur la défensive et d'attendre anxieusement la nouvelle ruée boche, ils comptaient sur les camarades pour obliger l'Allemand à relâcher son étreinte. Chaque obus qui tombait sur nous dans la carrière de Hem, c'était un obus de moins pour écraser Verdun; chaque homme de renfort appelé sur la Somme, pour résister ou contre-attaquer, était un homme de moins sur la Meuse. Aussi la contre-préparation incessante et meurtrière ne faisait qu'exciter une ardeur plus fiévreuse. On reliait les trous d'obus en parallèles de départ, on aménageait dans les carrières de vagues abris pour les munitions, les postes de secours, les P. C. On termina, la nuit, le boyau de Sauve-qui-peut. On poussa des reconnaissances, afin de préciser le front tenu par l'ennemi 3 et nous capturâmes des prisonniers des101ème et 102ème de réserve saxons. Enfin, le 29 juillet, vers 22 heures, arriva brusquement en première ligne l'ordre d'attaque pour le lendemain, au petit jour. Le jour «J» serait le 30; l'heure «H», 5 heures 45. Notre artillerie se taisait et ce silence inaccoutumé étreignait les cœurs. Mais vers minuit, les canons allemands se réveillèrent et commencèrent à battre systématiquement nos positions. C'est sous les obus que se placèrent les unités d'attaque, que se distribuèrent les vivres et les munitions d'assaut. Enfin notre artillerie entama à son tour le branle. A l'éclatement des 105 fusants autour de nous se mêlait le bruissement soyeux de nos 75 qui allaient faire terrer les Saxons. Le régiment devait attaquer en liaison à droite avec un régiment mixte de zouaves et de tirailleurs, à gauche avec le 23ème. Les limites de la zone d'attaque étaient les suivantes : à gauche, la corne sud-ouest du bois de Hem, puis une ligne fictive allant de cette corne au bois des Ouvrages et au point 440 de la deuxième position allemande; à droite, la route Hem-ferme de Monacu. L'assaut devait être poussé sans arrêt jusqu'à l'objectif final, la tranchée de Hanovre, le long de la route de Maurepas-Cléry. Quant aux bataillons d'assaut, ce seraient le 2ème à droite, le 3ème à gauche. Le 1er bataillon qui restait en réserve viendrait tenir, aussitôt l'assaut déclenché, les positions de départ des deux autres bataillons : 1ère compagnie derrière le 2ème bataillon, 2ème compagnie derrière le 3ème bataillon. La 3ème compagnie demeurerait en réserve de brigade. A 5 heures 45, l'attaque se déclencha sur tout le front franco-britannique au nord de la Somme, sur un terrain coupé de bois, de chemins creux et de carrières, propice dès lors à la défense. Nos soldats se jetèrent en avant sous les rafales de 75 qui miaulaient au-dessus des têtes. Le barrage de l'artillerie ennemie vint s'écraser derrière eux. Mais un épais brouillard empêcha les sections d'auto-canons et d'automitrailleuses d'assurer la progression, en aveuglant les résistances ennemies qui se dévoileraient. A gauche, le 3ème bataillon (capitaine Piébourg), collant aux obus, entra dans le bois de Hem, s'empara de la Carrière en pipe, atteignit le Tortillard et la station de Hem. L'arrêt d'abord prévu sur la voie ferrée avait été expressément interdit par le dernier ordre : il s'agissait d'atteindre, d'un seul élan, sans se préoccuper des voisins, l'objectif final : les 9ème et 11ème compagnies poussèrent donc droit devant elles, sur le bois des Ouvrages, égrenant sur leurs traces les groupes de nettoyage qui s'occupèrent de fouiller fossés, boqueteaux, chemins creux où s'abritait le Boche. La 10ème atteignit, de son côté, la lisière est du bois de Hem, éparpillant aussi derrière elles ses nettoyeurs, puisque, sous prétexte d'économiser des forces, on imposait aux mêmes unités la double tâche de progresser au pas de charge et de nettoyer. Mais des coups de feu et des rafales drues de mitrailleuses éclataient de toutes parts et jusque dans le dos des premières vagues; des silhouettes surgissaient du brouillard, coiffées d'un casque étrange. Étaient-ce des nôtres ? Étaient-ce des Anglais ? C'étaient hélas !  des Allemands... Leurs troupes, qui n'avaient pas été inquiétées par notre artillerie durant la nuit précédente, étaient au coude à coude dans les tranchées très peu détruites, et leurs unités de contre-attaque, rassemblées intactes à quelque distance de la première ligne, étaient prêtes à s'élancer et à saisir, comme dans un piège à ressort, les éléments qui auraient pu percer.
- Il convient de citer l'héroïsme de deux équipes de braves de la 6ème compagnie, conduits par les héroïques sergents Bouron et  Couard : en l'absence de brancardiers, ils partirent, pendant la nuit du 20 au 21, pour relever des blessés dont on entendait les cris en avant de nos lignes. Ils ramenèrent ainsi plusieurs chasseurs, recueillis presque jusque sous les parapets allemands, les sauvant à coup sûr, car les malheureux n'auraient pas tardé à succomber à leurs blessures déjà anciennes.
- L'ennemi, rejeté de sa première position et n'ayant pas terminé l'arrangement de la deuxième sur la crête Maurepas-Cléry, s'était accroché désespérément aux bois, carrières, chemins creux, anciens abris d'artillerie qui se trouvaient entre ces deux positions; il n'y avait pas de ligne continue et nette; de là pour notre artillerie d'ailleurs très puissante, de grosses difficultés. On ne savait pas exactement ce qu'il fallait battre et l'on faisait du tir sur zone assez imprécis).
Plus à gauche le bataillon Roullet, du 23ème, dont la position de départ était en retrait sur celle du 3ème bataillon, avait été fauché par les mitrailleuses sur le glacis qui précédait le bois de Hem. Il n'avait pas pu en aborder même la lisière et, de toute la partie nord non nettoyée, sortaient des grenadiers boches qui prirent à revers la 10ème compagnie. D'autres prirent de flanc la 11ème, qui les chargea héroïquement, mais vit tous ses officiers tomber successivement sous les balles. La 9ème, elle aussi, était découverte sur son flanc droit, car le deuxième bataillon avait été arrêté, comme nous le verrons ensuite. Prise sous les feux de front du bois Croisette et les feux de flanc du bois du Ver, elle tournoya. Les Allemands s'infiltraient, dans le brouillard, entre le peloton d'assaut et les deux sections laissées en nettoyage de la carrière en pipe et de la station. Impossible de se voir, tant la brume était épaisse, et de se prêter un mutuel appui. Les mitrailleuses, placées en échelon sur les flancs, ne pouvaient pas tirer à travers ce voile opaque. En quelques minutes, comme un navire disloqué par la tempête, le bataillon fut submergé par les contre attaques. Le capitaine Piébourg rallia, entre la corne du bois de Hem et la Carrière en pipe, les éléments restés autour de lui. Il fut blessé et passa le commandement au capitaine adjudant-major Martin. Un peloton de la 2ème compagnie accourut à la rescousse; avec lui et avec les deux dernières sections de nettoyage de la 10ème compagnie et une de la 11ème, on chercha à rejoindre les premières vagues, mais une barrière de mitrailleuses arrêta la progression; les Allemands cherchaient même à s'infiltrer, à gauche, dans le trou produit par l'arrêt du 23ème, pour cerner ce qui restait du bataillon : un peloton de la 2ème compagnie les arrêta. Les débris du 3ème bataillon, accrochés en flèche jusqu'au 3 septembre à la corne du bois de Hem et à la Carrière en pipe, allaient permettre au reste du régiment, comme nous allons le voir, de manœuvrer par le flanc l'ouvrage de Tatoï et de l'emporter après cinq jours de lutte. A droite, le 2ème bataillon (commandant Thouzelier), parti à l'heure «H» avec une résolution magnifique, s'était heurté à l'ouvrage de Tatoï énergiquement défendu et au feu meurtrier des mitrailleuses ennemies qui crachaient la mort sans arrêt. Malgré cela, les premières sections, commandées par le lieutenant Dementhon et l'aspirant Sèbe, pénétrèrent dans le fortin en même temps que les éléments de la 7ème y arrivaient par le Sud. A ce moment les deux chefs de section de la 6ème furent tués; le sergent Cruiziat de la 7ème fut blessé par les ennemis qui l'entouraient; le sous-lieutenant Laforce reçut une forte commotion par l'explosion d'un obus. Les Allemands, contre-attaquant à la grenade, réussirent à mettre leurs mitrailleuses en action, et nos hommes durent refluer du fortin vers la tranchée de départ. En vain le capitaine Dumont essaya d'y pénétrer avec les deux autres sections de la 6ème compagnie. En vain le lieutenant Oudot, bien que blessé, pénétra à son tour dans le ravin au nord du fortin ou il fit quelques prisonniers. Les mitrailleuses obligèrent à reculer. On ne put que se cramponner dans la carrière entre le fortin et la tranchée de départ et sur le mouvement de terrain qui séparait les deux ravins, réunissant le fortin auxcarrières du 3ème bataillon. Le brouillard qui se levait montrait les ouvrages de Tatoï garnis d'ennemis. Nos mitrailleuses et nos canons de 37 purent alors entrer en action, permettant à nos éléments avancés de gratter la terre et de s'abriter.
Une fois la situation nettement établie, le lieutenant-colonel Baudrand prescrivit au chef de bataillon Thouzelier de pousser de l'avant, en négligeant l'ouvrage de Tatoï, pendant que les compagnies de réserve profiteraient du brouillard pour se porter, la 2ème à la carrière nord, la 1ère dans la carrière au sud du bois de l'Observation. Le commandant Touzelier, laissant une fraction de la 5ème compagnie fixée sur Tatoï, forma une compagnie de manœuvre (débris de la 6ème, trois sections de la 5ème) pour déborder l'ouvrage par le Nord. Cette compagnie, commandée par le capitaine Dumont, partit baïonnette au canon, mais sa droite fut immédiatement arrêtée par le feu violent des défenseurs de Tatoï. Le capitaine Dumont et le lieutenant Oudot furent blessés. La gauche de la compagnie, qui avait pu pénétrer dans la partie nord de l'ouvrage, se heurta au bataillon ennemi arrivant de l'Est, après avoir contre-attaqué notre 3ème bataillon, et elle fut obligée de se replier devant le feu d'un adversaire dix fois supérieur en nombre. Les débris de la compagnie s'installèrent dans les trous d'obus à une trentaine de mètres des Boches et y restèrent, essayant de se relier les uns aux autres par de petites tranchées creusées à l'outil portatif.
Aux environs de 9 heures 30, le brouillard avait disparu; des avions français, qui survolaient la position, firent connaître que toute la ligne du Tortillard de l'Est était signalée comme occupée par nous.

Mis au courant de ces faits, les commandants des 2ème et 3ème bataillons firent des efforts incessants pour se relier à ces troupes, mais, les patrouilles ne revenant pas, les mitrailleuses crachant dès que le moindre mouvement se produisait dans nos lignes, l'accalmie se fit forcément, en attendant le soir. A la nuit, le régiment s'organisa sur les positions tenues, en attendant qu'une nouvelle préparation d'artillerie permît à une nouvelle offensive de continuer la progression après l'écrasement de l'ouvrage de Tatoï, qui avait constitué la pierre angulaire de la résistance boche. La journée avait été rude et meurtrière pour les deux bataillons engagés en première ligne. Leurs pertes étaient sérieuses et les survivants avaient dû rester plus de douze heures à 30 mètres des Boches, sans pouvoir faire un mouvement, sous le feu incessant de l'infanterie ennemie et sous un soleil de plomb. «Quelle soif il faisait», devaient dire plus tard les poilus! Pendant toute la journée du 31, nos troupes se terrèrent sur le terrain conquis, sans pouvoir faire aucun mouvement en raison des feux de mitrailleuses et des tirs de l'artillerie ennemie. Quand nos canons se mirent à tirer sur l'ouvrage de Tatoï, quelques coups malheureux tombèrent dans nos lignes et nous causèrent des pertes. Pendant la nuit, deux patrouilles ennemies tentèrent de pénétrer dans nos organisations; elles furent repoussées par nos grenadiers et nos fusiliers, et un prisonnier allemand resta entre nos mains.
Le 1er août, un peloton de la première compagnie, qui avait remplacé en première ligne la 6ème compagnie, très éprouvée, devait tenter à 18 heures de s'emparer du fortin de Tatoï. Le commandant Thouzelier fut chargé de préparer cette attaque. A 20 heures, bien que le tir de neutralisation des 75 n'eût pas été exécuté, le commandant prit un fusil et entraîna dans un assaut magnifique le peloton chargé de l'attaque. Les deux sections désignées s'élancèrent bravement; l'une marcha directement sur le fortin; l'autre, commandée par le sous-lieutenant Vinçon, se divisa en deux fractions qui progressèrent chacune par un des ravins se rejoignant au nord de l'ouvrage. Le débouché se fit avec un élan admirable sous un violent tir de barrage de l'artillerie allemande. La section de droite, qui, par ailleurs, avait été immédiatement prise à partie par un tir de fusils et de mitrailleuses, dut se plaquer contre une levée de terre située au milieu de la carrière séparant la tranchée de départ du fortin. Pendant ce temps, le lieutenant Vinçon, qui s'était trouvé en présence d'un certain nombre d'Allemands et qui, bien que blessé lui-même, en avait tué et blessé plusieurs à coups de fusil et de grenades, réussissait à s'installer au nord du ravin reliant la grande carrière à la tranchée à l'est du fortin, prenant ainsi à revers quelques-uns de ses défenseurs. Dès qu'elle s'en rendit compte, la section de droite quitta son abri et rejoignit sous les balles la section Vinçon.
Le commandant de l'attaque estima alors préférable d'attendre la nuit pour faire déboucher une nouvelle section directement sur le fortin, afin de l'assaillir à la grenade, pendant que les éléments groupés autour du sous-lieutenant Vinçon, et qui venaient à grand peine d'être renforcés par une mitrailleuse, prendraient l'ennemi à revers. Mais pendant la nuit l'ennemi évacua le reste de l'ouvrage et nous l'occupâmes avant le jour. Il laissait sur place de nombreux cadavres et une grande quantité de matériel, Parmi les artisans de ce succès il faut citer le sous-lieutenant Brun qui, bien que blessé dès le début, avait continué et conduit lui-même l'attaque à coups de grenades, faisant preuve d'un courage extraordinaire et d'une bravoure presque téméraire.
Le 2 août au point du jour, nous tenions l'ouvrage. Le combat à la grenade se continua toute la journée (des éléments de la 5ème compagnie étant venus renforcer la 1ère) et on progressa dans les boyaux, en liaison, à droite, avec le 2ème régiment mixte de zouaves et de tirailleurs. A 19 heures, nos premiers éléments arrivaient sur la route Bois-de-Hem-Monacu, en liaison, à gauche, avec le 2ème bataillon et, à droite, avec le 2ème mixte. Les unités engagées au cours de ce combat avaient fait preuve d'un mordant irrésistible; l'ordre du jour suivant du 7ème C. A. (ordre général n° 162) en fait foi : «L'ouvrage de Tatoï a été brillamment enlevé hier 1er août, dans la soirée, par une compagnie du133ème R. I. La progression continue vers le Sud dans le boyau qui relie l'ouvrage à la route Cléry-Curlu.L'ennemi a laissé une vingtaine de cadavres sur le terrain et 4 mitrailleuses.»
Cette affaire nous coûta la mort du sergent Couard, un des plus braves sous-officiers du régiment. Blessé grièvement à la tête, en décembre 1914, sur le plateau de la Fontenelle, il avait dû être trépané. Mais il refusa la réforme qu'on lui proposait et rejoignit son régiment en 1916. Couard était d'une folle bravoure. Pendant les attaques de juillet, sa compagnie, qui était aux avant-postes, fut soumise à de violents tirs de harcèlement. Mais le «Petit» - c'est le nom qu'il devait à sa faible taille - refusa de se creuser un trou et s'endormit sur les caisses de grenades de sa section, à la merci de l'éclat qui pouvait tout faire sauter. Quand il arrive à ces limites, le courage est contagieux. A le voir à la fois si tranquille et si téméraire, les hommes de sa section ignoraient également la peur. Et c'est en chantant La Marseillaise que Couard les entraîna à l'attaque du fortin de Tatoï et qu'il tomba, mortellement frappé à la tête par un pétard boche lancé à bout portant.
Après douze jours de luttes, de privations et de souffrances, le régiment fut relevé sur ses positions, dans la nuit du 2 au 3 août, par le 363ème R. I. La relève, commencée à 21 heures, fut terminée, à 2 heures du matin. Elle s'effectua dans des conditions extrêmement difficiles, sous un violent feu d'artillerie. Ce qui restait des compagnies fut rassemblé au camp n° 6, près d'Éclusier. Les figures étaient noires de poudre et de terre, décharnées par les privations; les effets étaient en loques. Mais on lisait sur les visages fiévreux une farouche résolution de ne pas en rester là. Le régiment sortit de cette épreuve abîmé mais plus solidement trempé. Il fut enlevé en camions-autos, à 5 heures 30, pour aller cantonner à Wailly et à Tilloy-lès-Conty, où il resta jusqu'au 9 août. Le pays contrastait par la douceur de ses lignes, l'apaisement de ses verdures avec les lieux de désolation qu'on venait de quitter. Un petit ruisseau serpentait dans le fond d'une tranquille vallée. On devait vite oublier, dans ce calme, les journées qu'on venait de vivre; la fatigue physique disparaissait et les nerfs surexcités se détendaient peu à peu.
Historique du 133ème RI (Anonyme, F. Montbarbon, 1920) numérisé par Gérard Augustin

Extrait de l'historique du 133éme R.I "le Régiment des Lions" - La Somme du 10 Août au 28  septembre 1916
9 et 10 Août, mouvement par étapes jusqu’à Namps-au-Val (Ouest d’Amiens).
Enlevé en camions, le 10 Août, le Régiment débarque à
Chipilly (Somme), occupe jusqu’au 20 Août, le Camp des Célestins.
HARDECOURT
Le 20 Août 1916, le Régiment prend des positions de fin de combat dans le secteur d’Hardecourt.
COMBATS DU NORD DE MAUREPAS
Le 26 Août, la 1ère Brigade relève la 2e qui s’est emparée de Maurepas et de ses abords, avec mission de continuer sa progression dans la direction de Combles, le 127e Régiment d’Infanterie au Nord, le 43e Régiment d’Infanterie au Sud. Le Régiment est en liaison avec l’Armée britannique qui un peu en retrait, n’a pas encore attaqué les tranchées allemandes qui continuent dans la position vers le Nord de Maurepas enlevée par la 2e Brigade.
Historique du 127ème RI (Anonyme, P. Fassiaux-Dufrenne, 1920) numérisé par Julien Brasse

Extrait de l'historique du 146éme R.I - Bataille de la Somme
But de l’offensive. Le départ
Le commandement français a résolu, en effet, d’ouvrir un nouveau champ de bataille sur cette parie du front en collaboration avec nos alliés britannique. Notre offensive libérera une nouvelle du territoire national et, en aspirant les réserves allemandes, achèvera le dégagement de Verdun.
Quittant les environs de St Dizier, le régiment s’embarque le 25 avril, à St Eulien, et vient débarquer dans la région de Montdidier; il y séjourne jusqu’au 8 mai, exécute divers déplacements qui l’amènent dans la région de Poix et à partir du 29, se rapproche progressivement du théâtre de la prochaine bataille.
Préparatifs : le 1er juin il aboutit à Méricourt s/Somme et vient s’installer dans la zone Suzanne-Bray. Le régiment commence alors la période de secteur qui précède toute attaque, pendant laquelle les chefs font les études et les reconnaissances préparatoires, les troupes exécutent les travaux et familiarisent avec le terrain.
Pendant cette période, l’ennemi, qui sans doute ‘flaire quelque chose’ exécute le 12 juin un tir inaccoutumé de minenwerfer. Le lendemain, à 23heures 30, après une rapide préparation ; il tente un vigoureux coup de main qui donne lieu à une lutte corps à corps. A 24heures, le calme renaît, nos lignes sont intactes et l’ennemi n’est certainement plus avancé.
La VIéme armée doit attaquer prochainement de concert avec les armées anglaises ; le 146éme R.I aura pour objectif la lisière est du bois de Favières. Travaux et reconnaissances continuent. Le régiment a reçu
 fusils mitrailleurs qui vont faire leur début sur le champ de bataille.
Le 27 juin, les deux bataillons de première ligne sont en place : 2éme à droite, 1er à gauche. Le 28 on achève de prendre le dispositif. Le jour de l’attaque est fixé au 29 est reporté au 1er juillet, par suite du mauvais temps.
L’attaque du 1er Juillet: à 7 heures, les troupes sont en place : à gauche le 153éme, à droite la 78éme brigade. H=7h 30.
Au moment précis fixé pour l’attaque, les bataillons de première ligne (1er et 2éme) franchissent le parapet et marchent droit sur le bois de Favières, leur objectif. Vingt minutes après, ils atteignent la lisière ouest et pénètrent à l’intérieur.
Notre préparation d’artillerie, complète au sud du bois, a été insuffisante au nord, il en résulte que le bataillon de droite (2éme) peut arriver à son objectif à la lisière est, tandis que celui de gauche (1er) trouve la corne nord-est une forte résistance qui n’a pas été ébranlée par le canon qui oblige notre ligne à s’infléchir. L’ennemi, solidement retranché en ce point du fortin, est vigoureusement attaqué à la grenade, mais malgré un renforcement par des éléments du 3éme bataillon, on n’arrive pas à l’en déloger.
Le fortin tient toujours et devient un foyer de lutte intense. Le coup de main projeté est repris le 2, à 20heures, sous la direction du capitaine Gauche. Nos soldats s’élancent et abordent les défenseurs du fortin, mais ils sont rejetés par une contre-attaque immédiate suivie d’un tir violent d’artillerie sur nos positions. Le combat ne s’éteint qu’à 1 heure du matin. Les sous Lieutenants Cambroche et Fraret sont tués, nous perdons en outre 3 officiers blessés, 15 tués, 30 blessés.
Le 4, au matin, nouveau combat à la grenade. A la nuit, nos éléments, qui combattent sans relâche depuis plusieurs jours devant le fortin, sont relevés par un bataillon du 153éme ; le lendemain, le 3éme Bataillon du 146éme relève le 2éme.

a ferme.jpg (17146 octets) L’attaque du 8 juillet: l’offensive générale doit être reprise le 8juillet. A gauche, la 21éme brigade anglaise attaquera le bois des Trônes puis la ferme Malzom. L’attaque est fixée à 9h.30.
A ce moment précis, nos bataillons de première ligne (2éme et 3éme) partent avec le même entrain que le 1er juillet : ils ont comme objectif la croupe est de Hardecourt et parviennent un quart d’heure après, sans trop de pertes, au village, capturant, chemin faisant, trois mitrailleuses.
L’armée anglaise ne réalise pas l’avance prévue.
Le 2éme bataillon ne peut atteindre complètement son objectif. Il prend position, sa droite dans les vergers du village, sa gauche à 80 mètres de la cote 123. Le 3me bataillon vient occuper la cote 123 par sa droite, sa gauche en direction de la ferme Malzom.
Le tir trop court de notre artillerie oblige notre compagnie de gauche, la 12éme, à rétrograder d’une cinquantaine  de mètres. Aussitôt l’ennemi contre-attaque. Le capitaine Cochin, commandant la 9 éme compagnie, voit le danger et entraîne sa compagnie en avant, secondé par le sous Lieutenant Imbault. Ces deux vaillants officiers sont tués à la tête de leur troupe.On comptait en outre, pour la journée : les sous Lieutenants Disson et Burlat tués, 6 officiers blessés, 45 tués, et environ 150 blessés.
Pendant la nuit, le calme succède à la lutte. On le met à profit pour s'occuper de travaux et d’approvisionnements. La nuit suivante,du 9 au 10, le 4éme B.C.P voient relever le 146éme auquel
sont assignés les campements de Chipilly et d’Etinehem. Le régiment reviendra en ligne le 26 pour la reprise d’offensive du 30. Le 26, le 146éme, quittant le camp de Bouzencourt, se porte en position d’attente à l’ouest de Bray en vue de la relève qu’il doit effectuer le soir même. A la nuit, il vient occuper le secteur est d’Hardecourt, 1er bataillon à droite, 3éme à gauche, le 2éme en réserves dans le bois de Favières. Il est encadré entre le 160éme à droite et le 153éme à gauche.
L’attaque du 30juillet: Le régiment doit attaquer le 27 les positions au nord de Maurepas, mais l’attaque est différée et ce délai est employé à pousser les travaux et des tirs de destruction de l’artillerie.
L’opération est fixée au 30 juillet 4h 45.
A 3h 30, les bataillons sont prêts. Pendant la nuit le 2éme bataillon a serré et occupé en réserve, les tranchées et talus intérieurs de d’Hardecourt.
Les bataillons de tête partent à vive allure à leur fixée, à travers un épais brouillard, auxiliaire précieux pour une attaque, qui masque leurs mouvements et leur évite le barrage ennemi. A 5h 25, le 1er bataillon atteint le bois de Quesne. Le 3éme trompé par le brouillard, a fortement dévié vers la droite et empiète sue la zone de marche du 1er bataillon. Il arrive à se redresser et à s’établir à gauche du 1er bataillon, mais ne trouvant aucune liaison vers le 153éme, sa gauche s’échelonne face au nord.
Pour étayer la position trop en flèche de ces 2 bataillons, les 5éme, 7éme et deux sections de mitrailleuses de la C.M sont poussées en avant. La 5éme vient s’intercaler dans le 3éme bataillon au sud du bois de l’Angle, la 7éme se place en réserve du 1er bataillon.
Ces mouvements survenant pendant que le 3éme  rectifie son erreur de direction provoquent un mélange des compagnies auquel il est remédié par une répartition du commandement entre les trois chefs de bataillons.
Telle est la situation à 5h 45, elle ne changera plus pendant la journée.
La possession de la ferme Falfemont est indispensable pour progresser et les Anglais n’arrivent pas à l’occuper. Les mitrailleuses ennemies prennent tout mouvement sous leur feu. L’ennemi essaie de s’approcher par infiltration ; il est vite arrêté par nos feux.
Ne pouvant avancer, les bataillons commencent à s’organiser sur place en aménageant les trous d’obus.
L’action de l’artillerie est nulle sur notre ligne avancée. Elle se concentre sur les tranchées de départ de Hardecourt dès 5h, lorsque les Allemands se rendent compte de l’attaque. Au cours du bombardement, le commandant Vautrin est tué au poste d’observation.
La situation du régiment demeurait tactiquement défavorable. Aussi ne fut-elle pas conservée. Le soir, l’ordre est donné de reprendre la position de départ.
Pendant toute cette journée, la liaison par avion avait donné des résultats  remarquables.
On s’attend à reprendre l’attaque ‘on va remettre ça’ disent les hommes. Mais il n’en est rien.
Le 146éme a donné trois fois depuis le commencement de l’offensive. Il sera bientôt retiré de la lutte. En attendant il poursuit les travaux malgré les bombardements ennemis qui depuis le 30 juillet deviennent plus fréquents et plus nourris. La relève s’opère le 7 au soir par un bataillon du 1er Mixte et le 2éme B.C.P
Quelques jours après, un changement inattendu s’est opéré. Le 146éme est bord de la mer, sur une plage à la mode du pays de Caux, le Tréport. Tout comme les civils. On ne connaît plus la guerre que la les journaux.
Le 7 août au soir le régiment quittait le secteur d’Hardecourt, en traversant le terrain ravagé par la bataille ; tranchées écroulées à peine reconnaissables parmi les trous d’obus, abris enfoncés qui ne sont plus qu’un amas informe d’où surgissent  des madriers déchiquetés et des tôles tordues, bois saccagés où il ne reste que des troncs d’arbres de différentes hauteurs,  suivant le point où ils ont été frappés.

 

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6 plaques commémoratives situées à l'intérieur de l'église rendant hommage aux soldats tués à Hardecourt aux Bois pendant la bataille de la Somme du 01/07/1916 à 09/1916

 

Guerre 1914-1918  - "11" Soldats Morts au champ d'Honneur

AIMÉ
Joseph
Adrien

né le 23/09/1882 à Hardecourt aux Bois (80)
Matricule 013309/336 - Classe 1902
Recrutement Péronne - 2éme classe
150éme R.I
tué à l'ennemi le 07/02/1915 au Bois de la Gruerie (51)

inscrit sur le livre d'or transcrit à Paris 1er
sur les Monuments aux Morts inscrit sur le livre d'or de Montauban (80)

ANTOINE
Charles
Alphonse

né le 3/12/1893 à Hardecourt aux Bois (80)
Matricule 6045/264 - Classe 1913
Recrutement Péronne - 2éme classe
54éme R.I
tué à l'ennemi le 20/10/1914 à Mouilly (55)

inscrit sur le livre d'or 

BOUCHER
Charles
Borromé
né le 02/09/1883 à Hardecourt aux Bois (80)
Matricule 15933/563 - Classe 1903
Recrutement Péronne - 2éme classe
320éme R.I - vient du 120éme R.I
tué à l'ennemi le 24/10/1914 au Bois de la Gruerie (51)

inscrit sur le livre d'or 
CHEVALIER
Adrien
Joseph
né le 24/04/1885 à Hardecourt aux Bois (80)
Matricule B010764/544 - Classe 1905
Recrutement Péronne - 2éme classe
60éme R.I
tué à l'ennemi le10/10 /1918 à Tahure (55)

inscrit sur le livre d'or 
DUFLOT
Henri
lieu de transmission de la déclaration inconnue
ne remplit les conditions pour être inscrit sur le livre d'or, renseignements n/fournis
GOUIN
Léon
André
né le 23/06/1888 à Amiens (80)
instituteur à Domart en Ponthieu, Doullens
Matricule 51/980 - classe 1908
recrutement Amiens - Lieutenant
51éme R.I
blessé le 15/09/1914 à Vienne le Chateau
décédé des suites de blessures de guerre le 16/09/1914 à Vienne le Château (51) sur les Monuments aux Morts inscrit sur les livres d'or d'Amiens et de Doullens
sur la plaque commémorative de Robert de Luzarches
inhumé dans le Carré des corps restitués de  St Pierre d'Amiens
GOUIN
Alphonse
né le 28/10/1897 à Hardecourt aux Bois (80)
Matricule 8122/495 - Classe 1917
Recrutement Péronne - 2éme classe
1er R.A.C
décédé suites blessures de guerre le 16/07/1918 à  l'ambulance 15/22 à Louvois (55) inscrit sur le livre d'or 

FOURNIER
Philogène
Louis
Joseph

né le 9/09/1888 à Hardecourt aux Bois (80)
Matricule 03593/968 - Classe 1908
Recrutement Péronne - Caporal
67éme R.I
tué à l'ennemi le 21/06/1916 au Bois Firmin (55 )

inscrit sur le livre d'or 
sur le Monument aux Morts inscrits sur le Livre d'or  de Chuignes
FRANCOIS
Henri
Omer
Ulysse
né le 10/04/1890 à Hardecourt aux Bois (80)
Matricule 06758/1095 - Classe 1910
Recrutement Péronne - 2éme classe
120éme R.I
tué à l'ennemi le 08/09/1914 à Samaize (51)

inscrit sur le livre d'or 
HÉNON
Ernest
lieu de transmission de la déclaration inconnue
ne remplit les conditions pour être inscrit sur le livre d'or, renseignements n/fournis
HÉNON
Gustave
François
né le 25/02/1888 à Hardecourt aux Bois (80)
Matricule 03652/955 - Classe 1908
Recrutement Péronne - 1ere classe
120éme R.I - 2éme Cie
fiche non communicable

décédé suites maladie contractée au service le 30/11/1914 à l'Hôpital Mixte de Troyes (10)
ne remplit les conditions pour être inscrit sur le livre d'or, renseignements n/fournis
sur la plaque commémorative de Liévain (62)
inhumé tombe 535 carré 14-18 dans la N.N de la Ferme de Suippes à  Suippes   (51)
dans le fichier ancêtre M p l France

Guerre 1914-1918  - "4" Victimes Civiles

DEBEAUMONT
Joseph
. CAPLAIN
Jules
.
GLAND
Vincent
. MEURISSE
Clovis
César
Fusillé le 05/10/1914
Plaque Commémorative située sur le mur arrière de l'église
Soldats Morts au champ d'Honneur" nés où fiches transmises à Hardecourt aux Boisne figurant pas sur le Monument aux Morts, décès déclarés dans la commune d'habitation lors de la mobilisation 
CARPENTIER
Vulfran
Maurice
Joseph
Albert
né le 02/02/1893 à Hardecourt (80)
Matricule 3211/4532 - Classe 1913
Recrutement Péronne - caporal
17éme B.C.P
tué à l'ennemi le 18/12/1914 à Notre Dame de Lorette (62)

transcrit à la Courneuve
MESNIL
Louis
Joseph
Camille
né le 22//031876 à Hardecourt aux Bois(80)
Matricule 1966/1263 - Classe 1896
Recrutement Péronne - 2éme classe
16éme R.I.T
tué à l'ennemi le 11/11/1914 à Lombaertzyde (B)

transcrit à Paris 12éme
KLIPFEL
René
né en 1922
S.T.O - non rentré
Instituteur à Hardecourt au Bois et Équancourt
décédé en déportation au camp d'extermination de Maydanek (Lublin)

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